Billet 2 – Module 5

Dans quelle mesure le téléphone mobile ne devient-il pas un esclavage plutôt qu’une liberté?

La question du billet de cette semaine porte sur le téléphone mobile, dit « portable » en France ou « cellulaire » au Canada. Avec 5,4 billions d’abonnés au téléphone mobile fin 2010 (CIA World Factbook, 2012 : En ligne) et une ampleur grandissante, ce petit appareil fait l’objet de nombreuses études, critiques, éloges, interrogations ou réflexions.

D’un point de vue personnel, je suis assez partagée sur les effets du mobile. Nous développerons donc les deux aspects de la question, à savoir liberté et esclavage.

Le téléphone mobile : une liberté? Certainement.
Tout l’intérêt de l’objet est dans son appellation : la mobilité. En effet, le cellulaire permet d’emporter avec nous et dans tous nos déplacements un monde virtuel, qui nous permet de rester en contact permanent avec l’extérieur.
Tous les services virtuels nous sont dès lors accessibles : les réseaux sociaux, les courriels, la messagerie instantanée, le « video chat », ou tout simplement Internet, qui nous permet de chercher des informations en quelques secondes.
Tant de fonctionnalités aux effets bénéfiques multiples, dont un des principaux est le gain de temps. Dans une ère où l’individu cherche à optimiser son temps afin d’en perdre le moins possible, le téléphone mobile lui facilite grandement la tâche. Ainsi sur un cellulaire, il est désormais possible de magasiner, de discuter à des fuseaux horaires pourtant très éloignés, de publier ses photos en temps réel, etc. L’interactivité est au centre des préoccupations.
Comme nous le verrons un peu plus bas, le téléphone mobile et ses effets sont largement critiqués. Mais cela dépend du point de vue de chacun. Certains lui attribuent des qualités liées à la liberté ou à la sécurité, comme Gina Desjardins :

« La liberté de pouvoir sortir de chez moi lorsque j’attends un appel (ou un courriel) important, ce que je ne pouvais pas faire avant l’arrivée des cellulaires. La possibilité d’avertir mes amis de mon retard si ma réunion a duré plus longtemps que prévu. L’assurance de ne pas perdre de super contrats parce que je n’étais pas chez moi pour prendre l’appel. C’est aussi savoir que si un proche a besoin de moi, je pourrai courir à son secours. »
(Gina Desjardins, 2011 : En ligne, avant-dernier paragraphe)

C’est un avis que je partage, dans la mesure où j’associe l’usage du téléphone portable à la sécurité de pouvoir surmonter les distances, et de rester en contact quelque soit la situation (danger, besoin de réconfort…). Le cellulaire est donc une véritable révolution qui simplifie la vie pour beaucoup d’entre nous, mais qui peut compliquer les choses pour certains…

Le téléphone mobile : une forme d’esclavage? C’est discutable.
« Aujourd’hui, peu importe où l’on est, on n’est jamais ailleurs. On est toujours au même endroit que son téléphone. » (Stéphane Laporte, 2011 : En ligne, 2ème paragraphe commençant par « Jadis »).
Cette citation résume bien le fondement principal des critiques apportées à l’utilisation du cellulaire.
La mobilité du téléphone engendre effectivement quelques effets pervers, dont celui de dépendance que je qualifierais de « chronique ». A force d’utiliser son téléphone cellulaire, on n’arrive plus à s’en passer, et on y est toujours collés. Plus nos proches utilisent leur cellulaire, plus on semble utiliser le nôtre. Il devient difficile de déconnecter, ce pour plusieurs raisons : par exemple, ne pas se connecter sur Facebook ou Twitter pendant quelques heures (ou jours pour les plus patients…) peut faire manquer beaucoup d’informations, de photos ou de statuts mis à jour, ce qui peut donner l’impression de « rater l’essentiel ». Twitter est l’exemple parfait de ce flux continuel d’information : pour ma part je ne « follow » qu’une trentaine de comptes Twitter, et une nouvelle publication s’affiche sur ma page d’accueil environ toutes les 5 minutes!
De plus, cette utilisation constante du mobile peut finir par créer une certaine perversion : on commence à avoir envie d’aller en permanence espionner la vie des autres, de ses amis Facebook, ou même des amis d’amis. Cela devient un réflexe.

La notion de dépendance est confirmée par ces interviews réalisées par France Soir en 2008 :

Dans la sphère professionnelle, le cellulaire alimente également de nombreuses critiques. Bien qu’il permette aux employés d’être connectés même en dehors du lieu de travail et ainsi de travailler davantage, son utilisation brouille la limite entre vie privée et vie professionnelle. Nombreux sont ceux qui se plaindront de la pression qu’exerce le téléphone mobile en dehors du lieu de travail. Ici encore nous pouvons retrouver la notion d’esclavage, car même si l’on s’en plaint, il est parfois impossible pour certains de ne pas regarder leurs e-mails ou de ne pas y répondre lorsqu’ils sont en vacances… Des nouvelles habitudes de travail, très bien illustrées par ce petit reportage de Yahoo! Québec Finance du 31 juillet dernier : http://fr-ca.finance.yahoo.com/actualites/esclaves-du-cellulaire.html .

Je conclurais avec ma propre opinion sur la question : le mobile est sans aucun doute une liberté, offerte par une multitude de fonctionnalités qui visent à rendre la vie plus simple. Et même si je sais que je suis quelque part l’esclave de mon cellulaire, je sais également que je ne pourrais plus m’en passer, mais cela reste une question d’avis et de comportements personnels…

Bibliographie:

2012. CIA World Factbook. [En ligne] URL : https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/xx.html . Consulté le 13 septembre 2012.

AFP, 4 avril 2011, Les téléphones intelligents, gadgets indispensables ou forme d’esclavage moderne? [En ligne].URL : http://techno.lapresse.ca/nouvelles/mobilite/201104/04/01-4386347-les-telephones-intelligents-gadgets-indispensables-ou-forme-desclavage-moderne.php . Consulté le 30 septembre 2012.

Bastide, Emmanuelle. 1. Sommes-nous esclaves de notre téléphone portable ? (rediffusion) pour RFI [En ligne] URL : http://www.rfi.fr/emission/20120416-1-sommes-nous-esclaves-notre-telephone-portable-rediffusion . Ecouté le 30 septembre 2012.

Desjardins, Gina, 2011. Le cellulaire, une laisse ou un symbole de liberté? [En ligne] URL: http://blogues.radio-canada.ca/triplex/2011/11/14/cellulaire-laisse-ou-symbole-liberte/ . Consulté le 29 septembre 2012.

Laporte, Stéphane, 2011. La dictature de l’instantanéité. [En ligne] URL: http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte/201111/12/01-4467174-la-dictature-de-linstantaneite.php . Consulté le 29 septembre 2012.

Picard, Benjamin, 2011, La mobilité – Nouvelle extension de l’être humain, [En ligne]. URL : http://www.slideshare.net/mobmtl/la-mobilit-nouvelle-extension-de-ltre-humain-par-benjamin-picard-mrk3 . Consulté le 30 septembre 2012.

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